BOUDON Philippe



Né à Paris en 1941, Membre titulaire de l’Académie d’Architecture depuis 2005).

Après mes études à l’ENSBA (atelier Zavaroni admis en 1960) diplômé en février 68, ayant par conséquent connu un enseignement de l’Architecture à l’Ecole des Beaux-Arts dans sa phase finale, je me suis associé à Bernard Hamburger et Alain Sarfati en vue d’une pratique architecturale qui nous paraissait devoir s’accompagner nécessairement d’une recherche, comme l’indique à souhait le nom de l’équipe : AREA (Atelier de recherche et d’études d’aménagment) – que nous avons fondée. Outre le Séminaire Tony Garnier (1967) l’Institut d’Urbanisme de l’Université de Paris (1968) m’a conduit à un mémoire publié sous le titre Pessac de Le Corbusier, étude socio-architecturale, (1969 trad. All. Angl. It. Jap. rééd. 1985). La recherche en architecture a alors émergé timidement et j’ai proposé, dans l’ouvrage Sur l’espace architectural, essai d’épistémologie de l’architecture, situant dans la notion d’ « échelle » la différence fondamentale qui distingue l’espace architectural de l’espace géométrique.

Pensant alors qu’il était difficile de tenir ensemble pratique et recherche, je me suis engagé pleinement dans la recherche et l’enseignement, d’abord à l’Ecole de Nancy, puis à celle de La Villette. Le programme scientifique de l’architecturologie proposé dans l’essai cité plus haut a été à l’origine des recherches du laboratoire LAREA, Laboratoire d’architecturologie et de recherches épistémologiques sur l’architecture. L’architecture s’y donne comme possible objet de connaissance scientifique. Ce programme a été développé par une équipe associée au CNRS.

Un Doctorat d’Etat (Paris V, 1989) portant sur les discours relatifs à l’architecture a précisé la distinction entre théorie et doctrine, qu’il y a selon moi nécessité à introduire dans l’enseignement, sans pour autant qu’il faille privilégier l’une par rapport à l’autre. Il a donné lieu à la publication de l’ouvrage Introduction à l’Architecturologie.

Après une carrière consacrée à la recherche et à l’enseignement, mon vœu serait, encore aujourd’hui, qu’un véritable enseignement permette d’aborder l’architecture par un langage qui permette une communication, non seulement entre enseignants et étudiants, mais encore entre architectes et public, grâce à un travail théorique axiologiquement neutre. A ce titre, l’hypothèse qui est la mienne est que le public pourrait s’intéresserait d’autant plus à l’architecture qu’une connaissance théorique fournirait un langage lui permettant d’aborder la conception architecturale en connaissance de sa complexité, tâche d’élaboration d’un tel langage que se donne l’architecturologie.

A ce titre je poursuis le travail sur la distinction entre espace architectural et espace géométrique dans l’ouvrage des éditions de la Villette, Entre Géométrie et Architecture (2019).